Comment lire en anglais vos livres de Fantasy et Science-fiction

Lire vos livres de Fantasy ou Science-Fiction en anglais

Lire en anglais. Ça fait peur, ça semble inaccessible. Peut-être êtes-vous loin d’être bilingues, vos cours d’anglais commençant à remonter à quelques années déjà ? Ou bien êtes-vous même encore au lycée et clairement si vous n’avez pas encore le niveau pour le Bac, pourriez-vous réellement lire en anglais un livre entier ?

Vous verrez que ces peurs n’ont pas lieu d’être. Dans une première partie, vous comprendrez pourquoi lire en anglais procure de grands avantages. En suivant les conseils de la deuxième partie, vous pourrez rendre l’expérience de lecture en anglais plus accessible. Enfin, vous trouverez en troisième partie quelques pistes pour aller plus loin.

Je vais centrer cet article et ses exemples sur la Fantasy et la Science-Fiction, mais évidemment les grands principes s’appliquent à toute lecture en anglais. C’est juste que, à mon sens, il y a peut-être plus de bénéfices pour le lecteur des littératures de l’imaginaire à lire en anglais que pour d’autres.

 

Lire en anglais des livres de fantasy

 

Pourquoi lire en anglais ?

Je ne vous mentirai pas : lire en anglais, à part pour les véritables bilingues, sera plus difficile que lire en français. « Enfin« , me direz-vous, « je vis très bien en ne lisant qu’en français, pourquoi donc m’imposer cette contrainte ?« . Les avantages sont grands, à la fois en terme d’accessibilité aux livres de Fantasy et de Science-fiction, mais aussi pour vous-même.

Pour améliorer son niveau d’anglais et renforcer son cerveau

De manière un peu basique, lire en anglais améliorera votre niveau en anglais. Plusieurs études montrent que lire dans une seconde langue double la vitesse d’apprentissage, et améliore les compétences liées à la lecture en général [1] [2]. C’est à force de voir les mêmes mots ou structures grammaticales qu’elle vous deviendront familières, et que l’anglais sera de plus en plus accessible. Tout cela, de manière inconsciente, à l’arrière-plan de votre cerveau : car l’acquisition du langage est instinctive. En effet, le cerveau humain est construit pour apprendre une langue [3].

Aussi, c’est votre cerveau que vous renforcerez en général. Apprendre une langue étrangère augmente la taille des zones du cerveau dédiées au langage et celle de l’hippocampe (la zone responsable de former, stocker et retrouver les souvenirs) [4] [5]. De plus, la densité de la matière grise augmente et l’influx sanguin au cerveau s’améliore [6]. En outre, apprendre une nouvelle langue développerait une meilleure connectivité entre les différentes régions du cerveau, et les changements sont même vus chez les personnes âgées [7], montrant par là que l’âge ne devrait pas être une excuse pour se mettre à l’anglais. En outre, en plus de renforcer votre cerveau, lui-même fait pour ça, certains disent qu’apprendre une nouvelle langue rend plus tolérant et ouvert.

Surtout, attendez-vous à gagner en confiance en vous. Oser (et réussir) une tâche qui vous apparaissait trop difficile pour vous ne pourra que vous aider à vous rendre compte que votre cerveau est bien plus adaptable que vous ne pensiez. En plus, page après page, la lecture sera de plus en plus facile.

Mais surtout, pour avoir accès à une plus large sélection de livres Fantasy et Science-fiction

Une de mes plus grandes frustrations concernant la lecture, ce sont ces moments où, après avoir refermé la dernière page d’un livre, je n’ai aucune idée de ce que je vais bien pouvoir lire après. Eh bien, lire en anglais est un moyen de résoudre (en partie) ce problème.

En effet, tous les livres anglo-saxons ne se font pas toujours traduire. Et attention, si les méga succès à la Brandon Sanderson finissent généralement par être disponibles dans la langue de Molière, certaines perles ne le seront jamais, pour des questions de coûts, d’opportunité, de lignes marketing, etc. Par exemple, Worm, une série absolument géniale (sérieusement, j’ai passé un mois à ne pas dormir pour tout lire), ayant été publié directement sur un blog, ne risque pas d’être traduite dans les prochaines décennies. C’était aussi mon traumatisme de ne jamais voir traduite la suite de La Princesse qui n’avait plus rien (bon, ok, j’avais 14 ans).

Et puis, n’avez-vous jamais attendu une suite avec une impatience à peine contenue ? Impatience rendue d’autant plus douloureuse que cette suite est déjà sortie en anglais ? Par exemple, si comme moi vous avez adoré La cinquième saison de N K Jemisin, vous pourriez directement acheter en anglais le tome 3 plutôt que d’attendre un an avant sa traduction

Pour finir, lire en anglais sera un gain d’argent. Si vous arrivez à lire électroniquement, les e-books sont moins chers en anglais. La Chasse aux livres, dans une étude par échantillonnage en 2016, a identifié un prix moyen des ebooks français à 11,1 euros (70,4 % du prix papier). Les ebooks des plus gros éditeurs américains seraient eux de 8,67 dollars en moyenne en mai 2016. Un écart qui peut vite se faire sentir sur le long terme si vous êtes un gros lecteur.

Éviter les mauvaises traduction

Et même si le livre qui vous intéresse a bien été traduit en français, et est disponible… Parfois, pouvoir lire en anglais permet de ne pas voir son plaisir de lecture gâché à cause d’une mauvaise traduction.

L’exemple le plus récent qui m’a brisé le cœur : Justice de l’Ancillaire de Ann Leckie. Le livre a gagné de nombreux prestigieux prix (Hugo Award, Nebula Award, BSFA Award, Arthur C. Clarke Award et Locus Award), et ce à juste titre à mon humble avis. Hélas… la traduction française est mauvaise, et j’explique plus en détails pourquoi dans la critique associée. En résumé le traducteur a entre autre rajouté des fautes de français de manière volontaire, échouant à traduire l’expérimentation stylisque de l’auteure, bien plus facile à lire en anglais. On peut aussi penser au Trône de fer, et à la traduction de Jean Sola accusée de rendre la lecture plus lourde et difficile.

Certes, toutes les traductions ne posent pas des problèmes aussi importants. Cependant, en général, même le meilleur des traducteurs ne peut pas aller sans une très légère perte de sens.

Mais aussi, parfois le style médiocre d’un auteur, qui vous horripilerait en français, ne vous posera pas de problème en anglais. Car justement, n’étant pas parfaitement bilingue, vous aurez une tolérance bien supérieure aux phrases simplistes ou aux répétitions de structures. Par exemple, j’adore Brandon Sanderson, mais je dois avouer que son style n’est pas toujours exceptionnel. Je grimace parfois en le lisant en français (bien que la traduction soit de qualité – mais justement les livres étant bien traduits, ils reproduisent les failles de l’écriture originelle). Alors que, en anglais, je ne vois pas autant les faiblesses de son style, et je suis complètement immergée.

Lire en anglais une plus large sélection de livre de fantasy

Pour les débutants : comment bien commencer ?

Peut-être êtes-vous convaincus d’essayer, mais restez persuadés de ne pas y arriver. Balayez vos appréhensions : tout le monde peut lire en anglais (enfin, si vous avez au moins quelques bases, que des cours d’anglais LV2 jusqu’au bac devraient amplement vous fournir). Ci-dessous, quelques conseils pour bien commencer à lire en anglais.

Ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre

Si vous êtes un complet débutant ou que vous n’avez plus l’habitude, je ne peux que conseiller de commencer avec des livres faciles à lire. Ça ne sert à rien de vous dégoûter avec un livre comme La cinquième saison pour que vous abandonniez le livre et jetiez toute prétention à lire en anglais aux orties. Le cerveau est un peu comme un muscle : il faut l’entraîner avant de se lancer dans un marathon.

C’est le moment où je fais une terrible confession. Outre une tentative quand j’avais treize ans, j’ai commencé à lire des livres anglais avec Divergente de Veronica Roth. Alors voilà, je ne suis pas fan de ce livre, pour plein de raisons qui mériteraient une critique dédiée. Mais Divergente a un avantage certain pour nous, français : son style est très facile à lire. Ainsi, même si vous n’êtes pas fan à la base des livres Young Adult, je conseille de commencer par là. La plupart des livres Young Adult sont des page-turner avec une écriture simple, ce qui est parfait pour s’entraîner.

Attention, ne commencez que des livres qui vous intéressent. Ça ne sert à rien de lire des livres pour enfants si c’est pour abandonner après trois pages car le sujet ne vous intéresse pas.

Vous trouverez plus bas une annexe avec 7 livres Young Adult à lire en anglais pour commencer.

Prendre des notes ou pas ?

Ma première tentative de lecture en anglais ne fut pas la plus heureuse. Je m’arrêtais à chaque nouveau mot, pour le chercher dans le dictionnaire (c’était avant les smartphones) et je le notais consciencieusement sur un papier pour y revenir plus rapidement. De ce fait, mon rythme de lecture était de littéralement dix minutes par page. Ce qui est, vous l’imaginerez, particulièrement frustrant.

Donc je ne conseille pas cette approche de prendre des notes : elle est bien trop laborieuse et videra de son plaisir l’acte de lecture. Et si lire devient une corvée, ça ne vaut pas la peine. Le but est de trouver un rapport plaisir/effort positif. C’est à dire que les efforts ne soient pas plus importants que votre plaisir de lecture. Sinon, vous ressortirez épuisés et dégoûtés de ce que vous considererez comme une épreuve. Donc non : ne cherchez pas le moindre mot inconnu dans le dictionnaire.

Par contre, ce que je conseille, c’est de revoir rapidement avant de lire les verbes modaux (can, could, might, would…). En effet, ces derniers sont très courants et participent à la construction de nombreuses phrases en anglais. La deuxième révision à faire concerne les mots de liaison. Les modaux et les mots de liaison sont deux des piliers des structures des textes anglais : rafraîchir votre connaissance à cet égard ne vous fera que gagner du temps. En tout cas, au moment où j’ai compris ça, ce fut une illumination pour moi. Bien sûr, vous n’êtes pas obligés d’apprendre par cœur ces listes. Parcourrez-les, imprimez-les ou gardez le lien sous la main, et référez-vous de temps en temps à ce qu’elles indiquent.

Par contre, utiliser une application de dictionnaire reste tout de même de temps en temps utile, notamment lorsque des mots importants bloquent la compréhension. Je vous conseille fortement WordReference (sur l’App Store et sur Google Play), à mon sens le meilleur site de dictionnaire anglais/français (et rangez moi immédiatement Google Traduction s’il vous plaît). Aussi, pour vous qui lisez dans le métro ou l’avion, l’application iDictionnaire est très utile, puisqu’elle permet une consultation hors ligne d’un dictionnaire basique anglais-français (un équivalent ici pour les téléphones Android).

Accepter de ne pas tout comprendre et persévérer

Vous ne comprendrez pas tout, et c’est normal. Votre vocabulaire anglais est loin d’être aussi étendu que celui que vous avez en français. Mais vous ne pouvez pas vous arrêter à chaque mot inconnu : cela prend trop de temps, et ruine le plaisir de lecture (en tout cas ça le faisait pour moi).

Ainsi, rapidement, il vous faudra lire en diagonale et de manière un peu plus superficielle qu’en français. Le but étant de garder un plaisir de lecture intact : si lire en anglais n’est qu’une galère sans non, vous abandonnerez rapidement (ce qui est normal). Cette lecture plus superficielle se fera naturellement au bout d’un moment. C’est aussi pourquoi il vaut mieux commencer par des livres faciles, car de ce fait, les quelques contre-sens que vous pourriez faire n’auront pas grande incidence.

C’est à force de lire que votre compréhension et votre maîtrise augmentera, vous permettant une vitesse de lecture supérieure. Donc ne vous effrayez pas de ne pas être parfait et persévérez : vous vous améliorerez rapidement, j’en suis le témoin vivant (et je partais de loin, je vous assure).

 

Livres en anglais et en français

 

Ça y est, je maîtrise : et ensuite ?

Ca y est, vous êtes devenus un pro de la lecture en anglais ? Ou du moins vous lisez dans la langue de Shakespeare régulièrement sans énormes difficultés ? Ici suivent quelques idées pour utiliser au mieux ce talent, ou même, pour aller plus loin encore.

Bien choisir les livres à lire en anglais ou non

Lire en anglais c’est cool, pour toutes les raisons exprimées plus haut. Cependant, je suis convaincue qu’il faut choisir ses combats. Tous les livres ne sont pas bons à lire en anglais.

Tout d’abord, concentrez-vous sur les livres originellement écrits en anglais. C’est à dire que si un livre polonais vous intéresse (allez, Le sorceleur de Andrzej Sapkowski par exemple), vous n’avez pas à vous embêter à le lire en anglais, puisque ce sera une traduction. Quitte à lire une traduction, autant la lire en français. A savoir quand même que, parfois, la traduction anglaise est bien meilleure que la française ; dans ce cas, ça peut valoir le coup. Je pense notamment à Le problème à trois corps de Liu Cixin, traduit du chinois à l’anglais par Ken Liu, lui-même auteur de science-fiction, ce qui peut rendre le tout plus intéressant.

Aussi, pour vous faciliter la vie : évitez de changer de langues en court de série, surtout s’agissant de la fantasy. Tout simplement car il vous faudra réapprendre le vocabulaire spécifique de nouveau. J’ai par exemple commencé la lecture de Warbreaker de Brandon Sanderson en anglais, avant de passer en français au milieu du bouquin (pour une histoire sombre relative au refus de ma soeur de me prêter sa version en anglais). Eh ben ça a donné quand même quelques chapitres un peu confus, notamment s’agissant des noms des personnages : qui était donc ce Chanteflamme et cette Tisseproupre (ah, Lightsong et Blushweaver !) ? Bon, rien d’insurmontable évidemment, mais ça peut vous éviter de vous rajouter des difficultés pour rien.

Pour aller plus loin : passer de Babelio à Goodreads

Une fois que vous commencez à être bien à l’aise avec vos lectures en anglais, c’est peut-être le moment de passer sur Goodreads.

Goodreads, c’est le Babelio américain. Babelio a l’avantage d’être entièrement en français, et de contenir rapidement les dernières sorties de fantasy et SF par les maisons d’éditions françaises. C’est évidemment très pratique. Cependant, à l’inverse, tous les livres récents américains ou anglais ne sont pas toujours présents sur Babelio, rendant la connaissance de leur existence plus difficile.

Ainsi, se mettre sur Goodreads peut-être une bonne façon d’être plus facilement au courant des dernières sorties en anglais. En outre, la newsletter du site donne, chaque mois, une liste de cinq livres par genre allant sortir dans le mois. Je trouve parfois de bonnes idées de lecture à ces moments !

Aussi, interagir avec une communauté anglophone permet de continuer à pratiquer l’anglais, de manière plus ludique et facile qu’en lisant. Vous pourriez même ensuite écrire des critiques en anglais, histoire d’utiliser vos nouvelles compétences en anglais !

Pour conclure… lancez-vous !

Lire en anglais est vraiment moins difficile qu’il n’y parait, une fois le premier livre passé. Donc lancez-vous ! Et n’hésitez pas à raconter vos expérimentations en dessous ?

Pour ceux qui lisent déjà en anglais : des conseils de livres faciles ? Des traductions françaises qui valent vraiment le coût (ou pas du tout) ?

 

livres en anglais

 

Annexe : Sept livres de Young Adult faciles pour commencer à lire en anglais

Dans un ordre croissant de difficulté :

  1. Hunger Games de Suzanne Collins : quand des ados sont réunis dans une arène pour s’entretuer.
  2. The Withered: Wither, Resurrect, Affliction de Amy Miles : une histoire de zombie sans relief particulier mais assez page-turner. Les premières pages sont un peu plus difficiles à lire que le reste, mais rapidement le style se simplifie et devient orienté vers l’action et les phrases simples.
  3. Les Belles de Dhonielle Clayton : alors que les hommes ont perdu leur apparence humaine, quelques rares individus (les Belles) ont le pouvoir de changer l’apparence physique des autres pour les rendre beaux.
  4. The City of Brass: A Novel de S. A Chakraborty : dans une Égypte fin 19ème début 20ème, colonisée par les français, Nahri est une jeune femme qui va se retrouver propulsée dans un monde de Djinns et de magie. Lecture de type page-turner et dépaysante dans le sable du désert.
  5. The Rithmatist de Brandon Sanderson : vous voyez les cercles tracés à la craie par des espèces d’invocateurs pour se protéger des démons ? C’est ça, les Rithmatistes. Magie amusante mais imaginative comme toujours avec Sanderson. On suit un ado, qui lui par contre, n’a aucun pouvoir : ça le frustre beaucoup, mais il trouvera d’autres façons de s’embarquer dans des aventures.
  6. And I Darken de Kiersten White : dans une Roumanie alternative, à l’époque de l’empire Ottoman, on suit une version féminine de Dracula (le personnage politique, pas le vampire). Livre dont l’intérêt repose sur son héroïne atypique : brutale, violente et égoïste qui réussit tout de même à créer de l’empathie avec le lecteur.
  7. The Cruel Prince de Holly Black : Jude a été emportée avec ses sœurs, par le meurtrier de leurs parents, dans le monde de Faerie. Les êtres féériques sont cruels, joueurs, bien plus beaux et puissants qu’elle. Mais elle ne va pas se laisser faire…