The Rage of Dragons d’Evan Winter : lente maturation (4★)

Critique de The Rage of Dragons : un conte violent porté par un personnage principal à la force de caractère notable, dans un monde intéressant, pénalisé par un début lent et trop de néologismes

J’ai eu du mal à positioner ma critique de The Rage of Dragons. Evan Winter a mis du temps avant de réellement me faire rentrer dans l’intrigue. Ainsi, je n’ai eu aucun investissement émotionnel au début. Mais, finalement, le personnage de Tau donne cette étincelle supplémentaire au roman, qui en fera une lecture dont je me souviendrai.

(et puis, parlons de cette illustration de couverture dont je suis complètement fan)

4/5

()

Critique The Rage of Dragons Evan Winter

Il me fut difficile d’accrocher à The Rage of Dragons au début

Il faut s’attendre (mais ne pas s’y arrêter) à certains défauts avec The Rage of Dragons, peut-être dû au passage par l’autoédition. Ces problèmes ont retardé mon immersion dans la lecture.

Néologismes à foison

Beaucoup de néologismes. Trop de néologismes.

Nous voici plongés au sein d’une société ultra hiérarchisée et guerrière. Leur armée est compartimentée en plusieurs groupes. Evan Winter a créé un vocabulaire spécifique à cette armée, plein de noms différents et inventés, qui, évidemment, commencent tous par la même lettre…. Rencontrez donc les Ihagu, les Ihashe, les Indlovu et les Ingonyama, tous dirigés par des Inkokeli (et aussi les Isikolo, mais je n’ai jamais vraiment compris si c’était un titre ou un type de soldats).

Mais surtout, les termes sont balancés sans explication au fur et à mesure de l’histoire. Le but étant d’éviter tout « info dump » ; cela m’a juste rendu confuse. Il m’a fallu pas mal de temps avant de comprendre par exemple qu’Inkokeli voulait dire « chef » et ne faisait pas référence à une division militaire. Ça manquait vraiment a minima d’un lexique.

Parce que, attention, ne vous méprenez pas : la différence entre tous ces termes est parfois importante. En effet, nous sommes, je le rappelle, dans une société très hiérarchisée. Ainsi, savoir qui est supérieur à qui est essentiel. Ce avec quoi j’ai galéré pendant un bon tiers du bouquin.

Trop de noms compliqués

Ajoutons à cela que chaque personnage a des titres différents selon son statut social (Inkokeli, Nkosi, Umqondisi…). Parfois je me croyais dans un roman à la russe, avec seulement deux fois plus de personnages.

Pire : ils ont souvent des prénoms commençant par la même lettre. Alors oui, je suis un fier membre de ce groupe de lecteurs débiles qui confondent deux personnages lorsque leurs noms sont similaires (le seul défaut de Pierre Bottero, c’est d’avoir mis Ewilan avec Edwin et Ellana 🙁 ). Entre les Jelani, Jedani et Jamilah… kill me.

Ces difficultés de lecture n’ont pas aidé un début un peu lent

J’ai trouvé que l’intrigue principale mettait du temps à se lancer. Prologue de 17 pages déjà, puis le réel évènement perturbateur n’intervient pas avant le quart du bouquin. J’ai vécu ces quasi 100 premières pages comme une longue introduction un peu laborieuse, qui, bien qu’elle fut remplie d’actions, ne m’a pas réellement entraînée dans l’histoire.

Ce n’est finalement qu’après cet évènement perturbateur, vers le tiers du livre, que les enjeux se sont révélés, et que Tau, le héros de The Rage of Dragons, a pu briller.

Finalement, j’ai été irrémédiablement séduite par Tau

Sans Tau, The Rage of Dragons n’aurait pas été plus qu’un livre 3 étoiles, vite oublié au fond de mon étagère.

Dans un monde où la classe sociale et la force physique sont corrélées, les Nobles font les guerriers les plus puissants, grâce à leur taille et leur constitution supérieure. Alors, Tau, le fils du peuple, né plus petit et plus faible, n’a littéralement aucune chance.

Mais Tau crache sur ce genre d’excuse, et se battra jusqu’au bout.

J’adore que ce qui fait de lui quelqu’un de spécial ne soit pas une habilité naturelle, mais vraiment sa détermination, sa force de caractère. C’est un underdog, il le sait, il l’a toujours senti. C’est comme ça que son monde fonctionne. Et pourtant il va tout faire pour prouver qu’il peut quand même réussir. Peut-on sentir autre chose que de l’admiration un peu ahurie pour lui ?

Je crois que de tous les livres que j’ai lu en 2018 jusque-là, Tau est bien mon personnage préféré.

Un conte de vengeance et de violence entre deux mondes

Tau a soif de vengeance, et on le suivrait l’accomplir jusqu’en Ishigo, ce monde invisible, parallèle au notre, peuplé de demons. (oui, encore un nom en I, décidément !)

Si l’intrigue basée sur la vengeance commence assez classiquement et ne prend son intérêt qu’à la fin, j’ai pu me régaler du monde créé.

La magie est (relativement) originale : elle dépend d’une force tirée de ce monde parallèle, Ishigo, et seule les femmes Douées (« Gifted ») ont le pouvoir de s’en servir. Ce qui inclus, vous l’aurez deviné à la couverture : des Dragons. En savoir plus est peut-être ce qui me trainera au tome suivant lorsqu’il sera sorti.

Pour quel lecteur est The Rage of Dragons ?

La Fantasy épique ça vous parle ? Vous avez envie de monde un peu différents, âge de bronze ou peuple de couleur ? Mais surtout, vous appréciez les personnages qui ont une force de caractère spéciale ? Foncez.

La lecture se fera forcément en anglais (quelques conseils pour se lancer en anglais ici) et ces termes nouveaux multiples peu expliqués pourraient refroidir les lecteurs les moins à l’aise.

Critique The rage of dragons evan winter

AmazonGoodreadsBabelio

Pour aller plus loin : lectures similaires à The Rage of Dragons

Le personnage de Tau vous a séduit avec sa détermination, le fait qu’il aille toujours plus loin ? Le début de The Poppy War, avec Rin, m’a tout de suite fait pensé à Tau. Alors certes, ses méthodes sont du pipi de chat comparé à certaines techniques d’apprentissage de Tau, mais voilà, la force de caractère est présente aussi. En similarité moins évidente, et dans un registre différent, j’ai vraiment accroché à Jude dans The Cruel Prince. Elle aussi, comme Tau, réussi dans une société où elle part clairement avec une longueur de retard : elle n’est qu’une humaine faillible dans le monde cruel des Fées. Et, contre toute attente, comme Tau, elle s’accroche.

Vous étiez venus ici pour des Dragons ? Eh, vous avez le choix… Vous pouvez essayer Dragon Blood d’Anthony Ryan, critiqué sur ce blog (je n’en fus pas fan, j’avoue). Aussi, Robin Hobb et ses livres sur la Cité des Anciens. Ou encore la merveilleuse série des Dragons de Pern de Anne McCaffrey.

Si vous avez aimé le contexte militaire, essayez  peut-être Les Milles Noms de Django Wexler. Hiver a intégré une armée de type napoléonnienne, et s’élever dans la hierarchie militaire va être compliqué pour Hiver : elle est une femme. Vous trouverez aussi quelques démons, ce sera presque comme Ishigo ! (avec moins de noms en i, promis)